Grande nouvelle !

Chers amis,

Ce blog est une porte sur un monde fantastique, il entend vous faire découvrir son univers, ses mystères et ses intrigues diplomatiques. Mais, aujourd’hui, je ne vais pas vous y parler de Mydgar. Car ce blog est aussi l’émanation d’un projet littéraire, d’un roman en gestation et j’étais particulièrement impatient de pouvoir partager enfin la bonne nouvelle avec vous. Esprits de Corps sera édité !

On m’avait prédit une traversée du désert pour la publication de mon premier roman et, en effet, les démarches, l’attente, les négociations, les impasses et les espoirs déçus se sont enchaînés cette dernière année. Le net regorge de ces expériences d’auteurs dans l’univers cruel de l’édition, mais le vivre en vrai est parfois une vraie montagne russe émotionnelle. D’où ma joie immense de voir le projet aboutir, de savoir qu’Esprits de Corps sera bientôt couché sur papier et de pouvoir envisager sereinement la suite de l’histoire de Mydgar. J’ai passé tellement de temps à façonner cet univers que l’abandonner aurait été un vrai déchirement. Comme le monde imaginaire d’un enfant, il m’a accompagné ces dernières années et j’ai bien l’intention de le faire vivre, de le laisser s’épanouir.

Un grand merci à la maison Demdel qui m’ouvre ces portes. C’est un clin d’œil du destin qu’une maison d’édition belge porte au final le projet qui est né durant mes six années bruxelloises, la ville, s’il en est, dont l’empreinte sur Mydgar est indéniable.

Commence donc maintenant le travail d’édition. Dès que la date de parution du livre sera fixée, vous serez les premiers à savoir.
Restez à l’affût !

The Hanging Gardens of Mydgar ?

Tout voyageur qui pose pour la première fois ses yeux sur Mydgar depuis la route ou le rail qui l’amène vers l’immense cité, est frappé par la ligne d’horizon qui ne ressemble à aucune autre. Sa silhouette est rythmée par les tours en fer puddlé, leurs boyaux animés inlassablement par les ascenseurs mus par la force de la vapeur qui s’en vont déposer les voyageurs sur les plateformes d’embarquement des aérostats. Un peu plus bas, au-dessus des toits en zinc des immeubles de Mydgar, sont perchées comme des araignées géantes des plateformes solidement appuyées sur leurs pylônes en acier. Le voyageur qui passe en dessous pour la première fois a le souffle coupé par cette voûte qui éclipse le ciel.

On appelle ces plateformes, les îles flottantes de Mydgar. Merveilles architecturales, témoins de la modernité de la ville, elles sont aussi indispensables à la vie de la cité. Le long rempart enferme Mydgar dans un corset de pierres qui se serre inéluctablement à mesure que la ville s’engraisse. La révolution industrielle et la misère des campagnes attire des flux intarissables de paysans vers Mydgar et les autres grandes villes d’Ereba. Dans cet entassement humain grandissant, il fallait chercher l’espace où il se trouvait, au-dessus des toits, sans faire de l’ombre aux beaux quartiers évidemment.

Exposées au soleil au-dessus des gouffres urbains, les îles flottantes ont rapidement trouvé leur vocation : nourrir Mydgar. Des rangées de serres à perte de vue, des cités de verre et d’acier s’élèvent sur ces plateformes pour produire fruits et légumes, mais, au détour d’une galerie, se cache parfois un véritable trésor.

Certaines îles sont réservées aux immenses hangars des Zeppelins civils et militaires, leurs ascenseurs d’accès étroitement gardés par la troupe. Restez à l’écart !

Image : Greenhouse by Travis Anderson (Deviant Art)

La nuit de la Walburga

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Le solstice d’été, l’apogée de l’année quand les forces de la nature sont les plus puissantes, la nuit de Walburga. Dans les villages d’Ereba, c’est l’événement annuel que personne ne sait ignorer, en bien comme en mal.

Sept feux sont allumés successivement pour rythmer la nuit. Ils cerclent l’arbre de vie, l’arbre sacré qui est le lieu de rassemblement des danseurs et des musiciens. Leurs chants bercent les chaumières d’une joyeuse clameur pour éloigner les mauvais esprits, des couples sautent par-dessus les feux en espérant obtenir chance et santé pour les mois à venir.

Dans les grandes villes, la Walburga a perdu de son éclat, mais la grande majorité des ruraux laissent tomber une nuit durant toutes leurs inhibitions. Epona, la Déesse de la vie, et Orkus, le Dieu de la mort, viennent alors copuler sur terre pour fertiliser les hommes, les champs et les animaux. Les hommes entendent les imiter dans la chose.

Les rites de la Walburga varient selon les pays et les régions et même parfois d’un village à un autre. Ailleurs, la Walburga est une nuit de peur imbibée de superstitions. Le seuil des portes est paré de cornes de bouc et fermé à double tour en espérant que la nuit maudite passe au plus vite. Il s’y dit que les maîtresses maléfiques du Dieu Orkus émergent de terre pour s’adonner à une grande orgie. Tous les malheureux qui se laissent charmer par ces monstres se font dévorer. Pour d’autres, la nature retrouve son équilibre naturel à la Walburga quand Orkus désigne les âmes qui devront laisser leur place dans l’année aux nouveau-nés.

Malédiction ou célébration de la vie, la nuit de la Walburga fait converger toutes les croyances populaires d’Ereba. C’est un moment de transition qui le temps d’une nuit fait tomber les barrières entre le monde des hommes et celui des Dieux, un moment de pouvoirs magiques et de forces surnaturelles.

Image : Nathan W Jones

L’arbre de vie

« Les vérités divines entrent du cœur dans l’esprit et non de l’esprit dans le cœur »

A Mydgar et ailleurs dans Ereba, la foi en le progrès et la modernité industrielle connaissent des rébellions sans cesse renaissantes. La science se voit parfois obligée de reculer devant des traditions ancestrales et des énergies qu’elle ne sait pas maîtriser et qui échappent même à l’emprise de la Foi.

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Les arbres de vie incarnent le mieux cette énergie insaisissable. Chaque ville, chaque village d’Ereba est construit autour d’un arbre de vie planté une nuit de Walburga. La majesté est inhérente à ces arbres qui s’enveloppent d’un épais manteau de feuillage. Ils sont le symbole de la vie et de la connaissance. Leurs racines pénètrent profondément dans la terre nourricière, leurs ramures s’élancent vers les cieux. Entre ces deux éléments fondamentaux de la vie, la sève circule dans le bois tel le sang dans les artères, unissant le haut et le bas, les Dieux Epona et Orkus. La longévité de ces arbres sacrés et leur renaissance perpétuelle à chaque printemps, véhicule des croyances populaires que les prélats du Temple peinent à contenir endéans les limites de la doctrine de la Foi. Le bruit court que sur les feuilles des arbres de vie sont inscrits les noms de tous les mortels. Quand l’une d’elles vient à tomber, Orkus clame l’âme du malheureux.

Le début de toute chose

Le grand avantage de l’écriture de fiction est la liberté. Il n’y a pas de limites à l’imagination. Le héros peut être un ripou, comme un chevalier blanc, il peut emprunter des chemins de traverse ou suivre sagement sa destinée. Les possibilités sont infinies pour faire cavaler les rejetons de l’imaginaire de turpitudes en calamités.

Je n’aurais jamais imaginé cependant que l’acte d’écriture et le partage du texte soient une quête en soi, peut-être même la plus hasardeuse des quêtes, plus périlleuse que celle du petit garçon qui s’approche à pas de loup du clafoutis refroidissant sur le rebord de fenêtre gardé par le vicieux chien dormant d’un sommeil faussement tranquille. Oui, c’est un chemin de croix, oui, il faut être un peu masochiste pour se lancer dans pareille entreprise.

Entre l’impossible remise en ordre de toutes les serviettes et post-it sur lesquels vous avez gribouillés vos idées les plus fantasques pour votre histoire, la quête d’une demi-heure de tranquillité pour coucher ces excellentes idées sur papier sans que vous ayez des nez de gosses à moucher, les moments où vous vous relisez pour tomber aussitôt dans une déprime qui ne se guérit qu’après avoir ingurgité devant la télé une saison entière d’une série comptant au moins vingt épisodes, après tout cela, après tous ces mois de sacrifices, au summum de la gloire et de votre fierté d’avoir mené ce projet jusqu’au bout, vous constatez froidement que ce n’est pas la fin, mais guère que le début de la longue quête de la publication de votre prose. Peut-être aurez-vous alors la mauvaise idée d’aller demander à Google la chance statistique de publication d’un premier roman auprès d’un éditeur de renom, après quoi vous serez prêt pour la saison 2 de votre série fétiche.

Mais, nous voilà donc, braves lecteurs, embarqués dans cette quête qui va nous mener vers Mydgar où règnent en maître la vapeur et les pistons ou peut-être même vers le monde secret des âmes. Pssst on vous en dira pas plus pour l’instant, mais je m’engage à vous dévoiler peu à peu ce monde et les étranges personnages qui s’y aventurent pour autant que vous soyez prêts à m’accompagner dans ce projet romanesque. En contrepartie, je vous demande de commenter, de liker, de partager avec vos amis, de suivre ce blog (boutons en bas), de crier sur les toits, donnez tout ce que vous avez ! Il faudra de l’amour, de la passion, de la persévérance pour porter ce projet jusqu’au bout. Ce n’est plus très loin.